Sshaad

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Sshaad
Sshaad-001-Illus-Nicozor.jpg
Monde-berceau Tshiaa'rsh
Système-berceau Esshin
Apparence Replito-aviens
Extension 31 Col.Pl.

Vue générale

Les Sshaads sont des reptiloïdes ovipares bipèdes, portant deux bras, une tête et une queue. Ils sont divisés en ethnies, reconnaissables par la texture de la peau, plusieurs caractères pouvant s'exprimer chez un même individu. Ils ont colonisé 102 planètes, mais se mélangent peu avec les autres espèces.

Leur forme de vie est marquée par la Renaissance. Un jeune Sshaad n'est qu'un prédateur impitoyable, il s'éveille à la conscience et au langage lors de sa quatrième mue. Il rejoint alors une communauté et entame sa vie d'adulte.

La plupart des doctrines religieuses parlent de la maîtrise de la violence juvénile et d'une Seconde Renaissance. La violence est cependant très présente dans la société Sshaad. La guerre de masse entre Etats n'existe pratiquement pas, mais les positions de pouvoir doivent souvent être conquises et défendues par des duels. La notion de Maître, qui concrétise la reconnaissance d'une compétence, est reconnue comme supérieure à la force depuis les débuts de l'ère industrielle, lorsque les Maîtrises de Voituriers ont pris la main sur les communications ente les villages.

Physique

Caractères généraux

Physiquement, les Sshaads mesurent le plus souvent entre 1,4 et 1,7 m de haut à l'âge adulte. Bipèdes, ils sont pourvus de jambes semblables à celles d'un oiseau et de deux bras robustes terminés par des mains préhensile aux quatre longs doigts agiles munies de griffes-ongles relevables (le mot en Prime Langue se traduirait par "griffongle").

Ils possèdent aussi une queue longue d'environ un mètre, rigide à la base et flexible ensuite, qui leur sert de balancier lorsqu'ils courent. De ce fait, leur position de repos est quasi-verticale, leur position de course est quasi-horizontale.

Leur tête est assez massive, avec un crâne volumineux et une face allongée, terminée par un bec corné garni d'une grande quantité de petits dents pointues. Ils ont le sang-bleu-vert : globules à base de cuivre et non de fer

Variétés

Des types de Sshaads se distinguent selon la texture de la peau. Celle-ci est couverte d'écailles de dimensions et de formes variables. Les paléontologues sshaads se battent encore sur la question de savoir si des zones de peuplement distincts ont pu produire des types comparables ou si quatre supposées races originelles révèlent quatre zones de peuplement antérieures aux autres où les races se seraient différenciées :

bepush à la peau lisse et marbrée de noir, les écailles formant des lignes délimitant des zones précise, légèrement différentes selon les individus.

biimiis aux écailles irrégulières de grande taille couvrant tout le corps.

damiis aux écailles en losanges réguliers de petite taille.

fijaav à la peau glabre sur tout le corps, les écailles s'étant fondues en une surface unie, excepté une partie de la tête et les articulations, couvertes de fines écailles régulières.

Les différentes textures de peau peuvent se combiner. Deux formes d'écailles sont toujours séparées par une ligne bepush, que celle-ci soit soulignée d'écailles ou non, et le motif résultant est quasiment toujours symétrique. En raison de la grande dispersion des populations engendrées par les migrations des jeunes, très peu de Sshaads exhibent les caractères d'une seule race. On reconnaît cependant presque toujours chez un individu un type principal et un type secondaire dont les marques sont clairement visibles.

Enfin, les Sshaads arborent également des couleurs de peau différentes. Les teintes sont variées, généralement dans les gris, bruns, jaunes et verts. Le plus souvent, la teinte d'un Sshaad est unie. Certains individus possédent une seconde couleur là où la race fijaav posséde des écailles. Ces tâches de couleur, appelées estiis, sont considérées par la croyance populaire comme des marques caractérisant des personnes prédestinées à une vie exceptionnelle.

Reproduction

Le sexe d'un individu est déterminé à la naissance mais n'est pas immuable. Si les circonstances l'exigent, les Sshaads peuvent changer de sexe, par exemple, une surpopulation locale engendrera le basculement de mâles en femelles, diminuant le nombre d’œufs potentiellement pondus, alors qu'une sous-population aura l'effet inverse. Les organes reproducteurs sont en grande partie communs, le dimorphisme sexuel est assez peu marqué et les caractères sexuels secondaires sont peu visibles en dehors des préliminaires de l'accouplement.

Il n'y a pas de limitation biologique aux partenaires que peut avoir une femelle. Les seules limites sont culturelles et varient selon les sociétés. La femelle sshaade stocke les spermatozoïdes dans une "poche" interne pour une durée qui peut être très longue. Lorsque des conditions favorables sont détectées par son métabolisme, elle "lance la course" en faisant passer des ovules par un canal lié à cette poche et en libérant des spermatozoïdes. Quelques jours après, le temps que les ovules soient fécondés et que les œufs maturent, elle pond de 3 à 10 œufs.

Les œufs sont déposés dans des couveuses, autrefois des "nids" situés à proximité des danebs et entretenus pas des équipes spécialisées des villages. Maintenant, ce sont essentiellement des aires artificielles, toujours à proximité des danebs, dans lesquelles les conditions de développement optimales sont maintenues constantes par des climatiseurs automatisés.

Société

La Renaissance

Leur forme de vie est marquée par la Renaissance. Un Sshaad avant sa quatrième mue, qui se produit vers 10 ou 11 ans, n'est qu'un animal, un prédateur impitoyable comparable à un loup, qui hante les nombreuses forêts des mondes colonisés par l'espèce. Lors de sa quatrième mue, il devient conscient, la Prime Langue s'éveille en lui et il rejoint une communauté.

Les quatre mues

Les œufs sont pondus en pleine forêt, dans un nid originellement camouflé avec des herbes, de la boue, de la bouse d'herbivore et d'autres matériaux isolants. Dès la préhistoire, les nids ont été réutilisés par des générations de Sshaads. A l'heure actuelle, sur une planète Sshaad, les forêts sont truffées de nids permanents faits de matériaux modernes et dont certains ont des dizaines, voire des centaines d'années d'existence.

Les bébés sortis de l'œuf sont très vulnérables, sans parents pour les protéger. Très adaptables, ils adoptent un mode de vie plutôt aquatiques dans les régions les plus humides, arboricoles dans les régions aux forêts denses et plutôt de coureurs dans les régions désertiques ou de toundra. Leur taux de survie est plus grand dans les deux premiers modes de vie que dans le troisième.

La première mue donne des petits de la taille de gros lézards, discrets et agiles, essentiellement quadrupèdes, mais bons grimpeurs et bons nageurs. Ils chassent généralement seuls le jour, se groupant la nuit dans des cachettes naturelles: fentes rocheuses, arbres creux, terriers de gros rongeurs, artefacts abandonnés.

Deuxième mue : jeunes cadets, de la taille de loups, chassant en meute, pouvant marcher lentement sur deux pattes ou courir rapidement à quatre pattes. Ils savent aussi nager et encercler les bancs de poissons, et grimpent encore aux arbres, bien que beaucoup moins efficacement. Ils peuvent aussi rabattre les grosses proies vers les jeunes aînés, tueurs plus efficaces, qui leur laissent une part de viande.

Troisième mue: jeunes aînés, pratiquement de la taille des adultes et quasiment uniquement des coureurs bipèdes, dotés d'armes naturelles redoutables et capables d'utiliser leurs mains pour des tâches simples. Chaque bande d'aînés domine un territoire, avec plusieurs bandes de cadets dans son orbite.

Quatrième mue: adultes, dotés de sentience et de la Prime Langue. Leurs aspects sont très variés, certains proches des jeunes aînés, d'autre presque humanoïdes.

La socialisation des émergents

Cette particularité a marqué la vie sociale des Sshaads. Ceux-ci ne connaissent pas leurs parents, ayant pu entre l'éclosion et la renaissance parcourir des milliers de kilomètres. Les communautés, ou daneb, sont de la taille de gros villages, quelques milliers d'individus tout au plus. Elles sont entourées de forêts épaisses, nécessaires aux jeunes pour survivre. Enfin, l'extrême agressivité des jeunes survit chez l'adulte en une propension à la violence aveugle, que le Sshaad doit constamment maîtriser et canaliser. Une majorité de doctrines religieuses parle d'une seconde renaissance qui donne à celui qui maîtrise parfaitement sa violence juvénile la plus grande force qui soit.

L'arbre des langues

La Prime Langue est une langue assez simple, capable d'exprimer des concepts liés aux forces naturels et à l'environnement et quelques notions structurantes, telles que le passé, l'avenir et la causalité. Codée dans le patrimoine génétique sshaad, elle sert de base à toutes les autres langues, qui en sont dérivées. Elle sert de langue commune entre individus de cultures différentes.

Les autres langues sshaads sont dérivées de la Prime Langue, généralement par deux mécanisme : ajout de vocabulaire et complexification syntaxique. Certaines langues anciennes ne mettent quasiment en œuvre qu'un seul de ces deux mécanismes, mais la plupart des langues modernes sont maintenant très éloignées de la Prime Langue, dont on reconnait cependant les structures de base dans les racines de certains mots et des constructions de phrases les plus simples.

Quelques langues, dont la plus connue est le Toshique, originellement limitée à un petit groupe de daneb du sud du continent oriental, sont devenu des quasi-langues communes. Elles ont supplanté dans ce rôle la Prime Langue, incapable depuis plusieurs siècles d'exprimer les concepts nécessaires à la vie moderne. Parmi les Spatiens, la Baartish Intersystèmes a développé et imposé une telle langue, désormais connue comme le Baartish, qui est aujourd'hui en passe de supplanter même le Toshique.

Violence et coopération

La violence est cependant très présente dans la société Sshaad et les duels sont fréquents, servant à décider de l'issue d'une grande partie des conflits entre individus. De fait, la guerre de masse entre États telle que la connaissent principalement les Humains et les Rithai n'existe pratiquement pas. Par contre, toute position de pouvoir, excepté le statut de Maître, doit en pratique être conquise et défendue par des duels.

En contrepoint, un Sshaad est conscient au plus haut point de ses responsabilités envers la société qui le nourrit, et capable d'un grand dévouement pour elle. Cela vient de l'organisation sociale des danebs primitifs, une anarchie naturelle sans dirigeants.

Les villages ou daneb

La société Sshaad est très morcelée. Elle est basée sur le daneb. Même les plus grandes villes Sshaads ne sont que des juxtapositions de daneb dans une forêt plus clairsemée. A une période, des villes concentrées ont été construites, mais la violence engendrée par ce type de vie a conduit à revenir en arrière.

La structure primitive est une anarchie, chaque membre de la communauté prenant chaque jours une tâche différente. Cette répartition des tâches était souvent ritualisée. Avec la spécialisation sont peu à peu apparues des tâches récurrentes et des classes sociales fixes. Les danebs ont dès lors été soumis aux hiérarchies spécialisées qui se sont formées dans divers domaines de compétences et ont ensuite conduit aux divers systèmes basés sur les notions de Maître, Compagnon et Apprenti. Le basculement est daté d'environ 5800 ans avant l'ère spatiale et s'est propagé en moins d'un millénaire à l'ensemble de la planète. Les derniers danebs anarchiques, dans des tribus isolées, ont été détruits au début de l'ère industrielle.

La structure primitive comportait généralement entre 20 et 80 membres, se divisant par essaimage lorsqu'elle atteignait environ 60 à 70 membres. Les danebs modernes sont en moyenne plus gros, dépassant la centaine de membres et pouvant aller jusqu'à quelques milliers. Cela s'explique par la mise en place d'une forme de hiérarchie et par la part des membres spécialisés.

Des mouvements ont eu lieu tout au long de l'histoire contre cette main-mise des Maîtres sur l'économie sshaade, mais ils n'ont jamais pu se structurer et prendre de l'importance, du fait que les Maîtres possédaient un savoir et une influence suffisants pour en bloquer le développement, généralement en en recrutant les instigateurs. Ces mouvements comprenaient des essais de retour à l'anarchie originelle, qui ont permis de monter des danebs fonctionnels, mais leur mise au ban de la société dominée par les organisations de Maîtres a fait qu'ils n'ont pu résister plus de quelques décennies.

Aujourd'hui, environ 99% de la population vit dans un daneb et travaille pour ce daneb. Les 1% restant ont été choisis par un Maître pour devenir apprentis et ont une petite chance de devenir un jour eux-mêmes Maître. A n'importe quel moment de leur apprentissage, ils peuvent être renvoyés ou décider de partir. Ils ont alors un statut d'Apprenti, avec un grade, un titre ou une dignité, selon la culture à laquelle appartient leur Maître. Ce statut leur permet en général d'exercer leur métier dans un daneb, mais leur interdit de traiter officiellement quelque affaire que ce soit avec un membre d'un autre daneb.

Cependant, quelques structures sont apparues dans la culture spatienne, comme les Danebs Anarchs, qui refusent la mainmise des Maîtrises. Elles se basent sur le fait que, dans un navire spatial, chacun doit connaître un maximum de compétences pour assurer la survie du navire en cas de catastrophe. Cette logique propre aux Spatiens est semblable à celle des danebs originaux et de ce fait, les Sshaads sont l'espèce qui y a adhéré le plus aisément. Les Danebs Anarchs ont inspiré un mouvement de renaissance des danebs originaux sur les planètes, souvent combattu par les Maîtrises et les États.

L'autorité des Maîtres

Ce que les Sshhads considèrent comme les véritables entreprises sont basées sur la notion de Maître. Un Maître est titulaire d'un diplôme, qui lui a été remis par son propre Maître à la fin d'un long apprentissage. On compte un Maître pour environ 10.000 Sshaads. Celui qui souhaite devenir Maître dans un domaine doit être accepté en apprentissage par un Maître. Celui-ci le fera travailler et lui enseignera sa discipline. Il sera seul juge de son niveau, seul habilité à lui délivrer le diplôme ou à le renvoyer avec seulement le statut intermédiaire d'Apprenti ou de Compagnon. Une infinité d'autres grades existent, différents selon les Maîtrises et même parfois les Maîtres, formant une toile sémantique très complexe permettant aux membres des Maîtrises de se positionner entre eux.

Dans la plupart des implantations sshaades, seul un Maître ou un Compagnon peut diriger une entreprise capable de traiter avec des danebs autres que celui de résidence de son propriétaire. En général, celles-ci ne comptent guère plus de quelques dizaines de personnes, une centaine dans de rares cas. La plupart sont des Apprentis et Compagnons, assistés par des employés. Quasiment aucune entreprise n'est isolée. Elles sont toutes liées en un réseau inextricable de relations entre leurs Maîtres, par le biais de la notion de Maître Associé.

Ces entreprises, liées par des échanges de dettes de Maître à Maître, non forcément financières, mais pouvant porter sur n'importe quelle ressource, sont légion et forment une toile d'araignée impressionnante. Malgré leur petite taille, elles possèdent pour tout ou partie de nombreuses autres entreprises. Concrétiser tout projet d'envergure revient à rassembler suffisamment de support parmi elles pour disposer des ressources nécessaires. C'est ainsi que les Maîtres des sociétés les plus puissantes dirigent effectivement pour une grande part la vie publique à l'échelle planétaire.

Le développement du pouvoir des Maîtres a été vu par certains chercheurs comme une régression, la résurgence de la structure primitive de la meute de jeunes au sein de groupes d'adultes. Cette théorie est notamment soutenue par Aareli ud Aragwedyr. Cette Haute-Maîtresse, issue de la Baartish, a vécu longuement parmi les Humains et les Rithai d'Amarryn, où elle a étudié l’œuvre d'Eorath ud Orthid-Irilia. Son ouvrage majeur, "Anarchie : pourquoi les Humains en sont incapables", est devenu une référence en sociologie interspécifique. Il ne fait que quelques références à cette thèse de régression juvénile, qu'elle a plus développé dans "L'illusion de la Maîtrise". Seule son implication dans la lutte complémentariste lui a permis de ne pas être déclarée persona non grata dans certains systèmes, et elle est sur une liste de personnes à abattre chez les Shodens.

L'expansion spatiale

Les pseudo-Etats qui servent de façade aux Sshaads pour traiter avec d'autres espèces se sont constitués de deux manières : par des alliances de danebs et des alliances de Maîtrises.

Le premier mécanisme était assez fréquent à l'échelle planétaire, avant l'ère spatiale, mais a été supplanté par l'ascension des Maîtrises. Il revient sur certaines colonies, inspirées par le modèle spatien des Danebs Anarchs, l'extension des thèses d'Aareli ud Aragwedyr et celle du Complémentarisme.

Le second mécanisme est né d'une tradition parmi les Maîtres, de garder la cohésion de Maîtrises dispersées sur différentes planètes en se réunissant à intervalles plus ou moins réguliers. Ajoutant à cela l’avènement de sociétés de transport interplanétaire, puis interstellaires, la montée de la piraterie et de la contrebande, qui sont autant de métiers socialement très acceptables pour un Sshaad, et il en a résulté des entités floues mais néanmoins puissantes, qui régissent une partie de la Sphère Sshaade et qui sont d'ailleurs de plus en plus contrôlées par les Spatiens sshaads.

Expansion

L'antiquité

L'histoire Sshaad n'a rien de particulièrement cohérent : pas de grandes époques, des sociétés morcelées à l'infini et une lutte incessante pour conquérir de nouveaux territoires et y fonder de nouveaux danebs. Le mode de vie Sshaad, contraint par la Renaissance et la Prime Langue, n'a que peu changé depuis les origines. Seules les technologies employées et l'étendue des terres explorées se sont agrandies, infiniment il est vrai.

Il y a cependant des événements marquants, des faits qui ont contribué à changer la société. La fondation du premier pays, ou regroupement de daneb en une entité politique certes floue mais plus vaste, sous la houlette de quelques proto-Maîtres influents, est de ceux-là, à ce point qu'elle est prise comme point de départ du calendrier Sshaad le plus répandu. Elle est essentiellement le fait de Biishaama, l'un des plus grands héros Sshaads. Très jeune Maître dans plusieurs disciplines, il parvint à unir autour de son nom plus d'une centaine de daneb, soit une superficie comparable à celle de la Suisse. Il montra la voie à bien d'autres politiques et fit accepter l'idée qu'un daneb pouvait faire partie d'un ensemble plus vaste sans perdre sa substance. En outre, il amena à maturité la notion qu'un Maître était indépendant de tout daneb et pouvait par son savoir disposer de la mainmise sur les relations entre danebs. Il a donc théorisé les deux mécanismes d’agrégation des États.

Pendant les deux siècles suivants, des unions de daneb naquirent par centaines et s'affrontèrent. Cette innovation politique avait été hélas le prélude à une période troublée. En effet, la population s'accroissant et la surface disponible se rétrécissant, les daneb devinrent plus proches les uns des autres. C'est avant le plein avènement de la technologie, alors que les Sshaads avaient conquis plus des trois quarts de leur planète, que la surpopulation commençait à se faire sentir. Leur habitat se restreignant, les jeunes furent signalés même en zone habitée et des cas d'agression d'adultes eurent lieu.

L'idée naquit alors de construire des cités, plus grandes et plus concentrées et de pondre à l'extérieur, dans la forêt, comme avant. Mais cela posa vite de grands problèmes. La promiscuité engendra une vague de violence incontrôlée et des pontes sauvages en pleine cité eurent lieu, avec pour résultat des jeunes désinhibés, s'attaquant aux adultes et incapables de réaliser une Renaissance complète, gardant de très forts instincts agressifs même une fois adultes.

Plus d'une quinzaine de grandes cités furent construites indépendamment en cent ans par des groupements de daneb. Aucune ne dura plus de trente ans et l'on revint aux daneb traditionnels. Mais des programmes de plantation de forêts dans les zones désertiques furent lancés, afin d'étendre le territoire pouvant être occupé par l'espèce.

Les débuts de l'expansion spatiale

Cette période, bien que lourde de conflits et d'horreurs, fut cependant d'une grande productivité sur le plan des arts, des sciences et de la philosophie, comme si la crise avait mis l'espèce en face de sa vraie nature en la confrontant à des choix cruciaux pour sa survie. C'est à ce moment que naquit l'idée de coloniser d'autres planètes. Il faut dire que la zone de vie d'Esshin comprend trois planètes proches et facilement tshiaa'rshformables. Les recherches furent donc tournées vers l'astronautique alors que les techniques en étaient encore à la machine à vapeur.

Les premiers satellites furent rapidement lancés et les retombées de cette recherche dans tous les domaines provoquèrent des avancées spectaculaires. Il fallut cependant un demi-siècle pour pouvoir envisager de coloniser une autre planète, juste au moment où les problèmes de surpopulation étaient temporairement jugulés par l'extension des forêts.

La vue à long terme l'emporta et le programme de colonisation extérieure fut maintenu par une partie des pays. Vingt ans plus tard décollait de l'orbite proche le premier d'une longue série de vaisseaux habités de colonisation. Une fois en orbite autour d'Esshin-3, il se transforma en une station orbitale pré-construite. De là partirent toutes les expéditions, d'abord d'ensemencement bactérien pour obtenir une atmosphère respirable, puis de plantation de forêts et enfin de construction de danebs d'abord sous dômes, puis à l'air libre. Ceux-ci reproduisaient la même structure que celles de Tshiaa'rsh : des danebs indépendants, unis en fédérations lâches, celles-ci étant au final gouvernées par un réseau de Maîtres.

Durant le temps de la colonisation rapide d'Esshin-3, les progrès scientifiques furent spectaculaires. L'électronique, la cybernétique, rattrapèrent leur retard et permirent de contrôler plus finement les vaisseaux spatiaux. L'énergie atomique permit des voyages en accélération constante et enfin les distorseurs furent découverts, accélérant encore la colonisation et marquant le début de celle d'Esshin-5 et de l'exploration des étoiles proches.

La découverte des points de saut eut lieu durant le voyage des premières expéditions de colonisation subluminiques. Celles-ci, en arrivant à destination, eurent la surprise de pénétrer dans des systèmes déjà colonisés, où tout était prêt pour les accueillir. La colonisation se développa, chaque système devenant très vite indépendant. La sphère Sshaad resta cohérente grâce essentiellement aux liens économiques et à la puissance des compagnies de transport interstellaires fondées par les premiers Maîtres Spatiens, tels que le célèbre Ashiianesh Iirsolaas. Cette période vit la constitution d'un système de guerre de course entre les compagnies et l'usage de vaisseaux mercenaires, à tel point que l'espace ne fut plus fréquenté que par les plus hardis individus de l'espèce, ce qui n'est pas peu dire s'agissant des Sshaads.

Le contact avec les autres espèces sentientes

Les premiers non-Sshaads avec laquelle les Sshaads prirent contact était des Rithai du Clan Irmothem. Ils entamèrent immédiatement avec ceux-ci des relations commerciales, mais aussi des affrontements frontaliers au sujet de systèmes de passage disputés. Le Long Lien, route de saut entre les espaces Irmothem et Baartish, est devenu une route commerciale majeure et les deux États ont mis en place une force de police commune, les Forces Combinées de Sécurité.

Via les Rithai, les Sshaads purent ensuite solliciter leur entrée dans la Communauté. Mais la Baartish Intersystème, premier État à poser sa candidature, fut ensuite secouée par les conflits liés au Complémentarisme et menacée par l'expansion Shoden. A ce jour, sa candidature est toujours en examen probatoire.

Devant cette inertie, naquirent les Systèmes Candidats, alliance de systèmes autour d'un texte commun bannissant la piraterie de leur espace. Ils se trouvent de l'autre côté de la Sphère Sshaade par rapport à la Baartish et sont essentiellement en contact avec les Humains et les Marionnettistes.

C'est pourquoi aujourd'hui encore, seul un petit quart de la sphère Sshaad est affiliée à la Communauté, bien que tous les systèmes Sshaads soient en relations commerciales suivies avec les autres espèces.

Le problème changeforme

Enfin, la découverte récente des Changeformes pose des questions politiques épineuses. La Corporation de Colonisation savait depuis le début que des êtres intelligents habitaient cette planète, mais avait caché ce fait aux colons, aidée en ceci par la réaction des Changeformes, qui s'étaient dissimulés en effaçant toute trace visible d'activité technologique et en s'abritant dans les réseaux de cavernes existants. Les Sshaads considèrent encore comme leur droit de coloniser les portions non habitées du monde-berceau de cette espèce sentiente découverte à un stade non astropérégrin. Mais la présence des jeunes est un danger permanent pour les Changeformes aux alentours des zones forestières occupées par les Sshaads.

De puissantes factions Changeformes luttent pour restreindre cette invasion, notamment en limitant l'extension des forêts entreprise par les Sshaads. Elles sont soutenues par la Communauté, mais celle-ci n'est pas souveraine sur les compagnies Sshaads qui ont découvert la planète. Elle ne peut agir que par l'intermédiaire du Clan Irmothem, partenaire de la colonisation. La Ligue Centrale offre également sa médiation et propose une charte préservant la plus grande partie des territoires Changeformes contre des droits d'exploitation pour les Sshaads sur certaines régions.

Enfin, un plan plus ou moins clandestin a été mis en œuvre par certaines factions sshaads et changeformes, qui se sont alliées pour tenter de créer une société mixte. Dans ce cadre, nommé "Complémentarisme", les meutes de jeunes seraient contrôlées par des Changeformes "gardiens" et émergeraient dans des danebs mixtes. Refusé énergiquement par les factions les plus extrémistes des deux espèces, ce plan pourrait cependant avoir une conséquence que ses premiers concepteurs n'avaient pas prévu et qui pourrait en accélérer la mise en œuvre. En effet, contrôler les jeunes permettrait d'ouvrir les planètes Sshaads aux résidents d'autres espèces, à condition que des Ruches Changeformes entières acceptent de s'expatrier sur des planètes Sshaads étrangères.

Peu à peu, le Complémentarisme transforme en profondeur la Sphère Sshaade et menace de la diviser en deux. Une partie des Sshaads souhaite saisir l'opportunité d'étendre le contact avec les autres espèces sentientes, notamment par des co-colonies, tandis qu'une autre partie considère que les Changeformes ont pour but d'envahir la Sphère Sshaade et de se venger de leurs envahisseurs en les asservissant.

Une organisation, dont ont traduire le nom par "Résistance Protéiforme", regroupe les Changeformes qui refusent à la fois l'oppression sshaade et le Complémentarisme. Ils souhaitent fonder un État Changeforme indépendant et leur but ultime est de libérer Tshiaa'rint de toute présence sshaade. Pour cela, ils explorent de nouveaux systèmes à la recherche d'une planète terraformable pour en faire leur capitale, et tentent de déstabiliser de l'intérieur les factions sshaades et complémentaristes. En particulier, ils cherchent à attiser la guerre larvée entre pro- et anti-Complémentarisme au sein de la Sphère Sshaade, afin que les Sshaads se battent entre eux. Ainsi, lorsque le nouvel État sera assez fort pour être révélé au grand jour, ses adversaires (principalement Baartish, Hash'Riss et les Groupements Shodens) seront affaiblis et plus faciles à bouter hors de Tshiaa'rint pour reconquérir la planète-berceau.

Illustrations